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Podospora anserina deviendra-t-elle bientôt has-been ?

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Une espèce modèle

La recherche scientifique a besoin de modèles pour avancer et tester de nouvelles hypothèses.
Le principe est le suivant je cherche un remède contre le cancer de l’homme, par déontologie je ne vais pas faire de teste directement sur l’homme, mais ce n’est pas la seule raison de se diriger vers d’autres espèces, en effet l’homme est une machine très complexe et je préfère tester mes hypothèses sur une machine plus simple.
Je peux utiliser une souris qui à une espérance de vie plus courte, mais qui reste un mammifère, si je veux tester sur une espèce plus simple je vais me tourner vers une mouche drosophile par exemple, si on cherche encore à simplifier on peut s’orienter vers Pospora anserina.
La particularité de P. anserina est qu’il s’agit d’une espèce pluricellulaire basique, c’est un champignon filamenteux et à ce titre est à la frontière entre le mono et le pluricellulaire.
Autre particularité est la possibilité d’une reproduction sexuée primitive.

Un support d’étude encré dans la recherche scientifique.

Revenons en à notre chercheur, le cancer est une inhibition du processus de mort programmée des cellules chez le patient infecté. P. anserina possède un processus de mort cellulaire programmée ultra simplifiée, mais qui va lui permettre de faire des hypothèses basiques et des tests.
Voici un type de procédé qui peut être utilisé: le génome de P. anserina est connu, le chercheur a pour hypothèse qu’une protéine intervient dans le cancer, il va chercher un gène de P. anserina proche du gène humain qui synthétise la protéine d’intérêt (par comparaison informatique des séquences du génome des 2 espèces). Une fois le gène trouvé il va pouvoir faire des tests sur P. anserina et analyser les conséquences sur la mort des cellules, par exemple en surexprimant le gène d’intérêt ou en l’inhibant puis en analysant le comportement de P. anserina (le cycle de vie très court de P. anserina est un autre atout majeur pour cette expérimentation).
Il s’agit bien sûr d’un raccourci extrême du processus de recherche, dans les faits un chercheur qui travail sur l’homme ne travaillera pas directement sur P. anserina mais se documentera sur la souris, le chercheur travaillant sur la souris se documentera sur la drosophile,…, le chercheur travaillant sur P. anserina se documentera sur la levure (champignon unicellulaire).

C’était une belle histoire, mais la concurrence devient de plus en plus rude et Neurospora crassa tout comme Aspergillus nidulans, toutes deux des champions filamenteux font de plus en plus d’ombre à notre espèce modèle préférée Podospora anserina.

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